Le problème

Vers une urgence nutritionnelle mondiale ?

Un état des lieux depuis longtemps désastreux

Un nombre croissant de personnes malnutries

En septembre 2008, les Nations unies annonçaient qu’environ 925 millions de personnes étaient sous alimentées soit près de 75 millions de plus que l’année précédente. Ces chiffres étant basés sur une évaluation datant de la fin de l’année 2007, on ne peut que craindre pour l’ampleur de la catastrophe alimentaire après la poursuite de la flambée des prix en 2008.
La crainte d’une catastrophe humanitaire mondiale est déjà une réalité que les équipes d’Action contre la Faim rencontrent quotidiennement dans les 40 pays où l’organisation intervient. Au Libéria, au Soudan, en Somalie mais aussi au Népal, l’urgence nutritionnelle touche des millions de familles. Un enfant meurt de faim toutes les 5 secondes. Jusqu’où ira cette catastrophe planétaire ?

La malnutrition

Quelques chiffres clés 2007 :

  • 55 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë (comprenant diverses formes de malnutrition) soit Soit un enfant de moins de 5 ans sur 10 dans le monde.
  • Parmi eux, 19 millions d’enfants sont eux atteints de malnutrition aiguë sévère (la forme la plus grave de malnutrition qui menace leur vie à court terme) c'est-à-dire 3,5% de la population mondiale des enfants de moins de 5 ans.
  • La moitié des décès des enfants de moins de 5 ans ont pour cause directe ou indirecte la malnutrition
  • Selon l’OMS, environ 1 million d’enfants en meurent chaque année.
  • 1 enfant sur deux, survivant avec moins de 1 $ par jour, est atteint de malnutrition chronique.

Crise alimentaire mondiale : le choc de trop

Assemblée Générale des Nations Unies

Les faits

Entre avril 2007 et avril 2008, les prix mondiaux du riz ont augmenté de plus de 110%, ceux du soja de plus de 70%, du maïs de plus de 63% en un an (Le Nouvel Economiste 15 mai), augmentant ainsi la part déjà très importante de leur budget consacrée à la nourriture par les familles les plus vulnérables.

Les conséquences

La crise actuelle présente le nouveau visage d’une faim mondialisée, liée à une conjoncture économique mondiale et complexe : les denrées sont souvent disponibles sur les marchés mais totalement inaccessibles aux plus pauvres.

Les chiffres avancés par la banque mondiale ou le programme alimentaire mondial sont sans équivoque : entre 100 et 130 millions de personnes vont basculer dans la pauvreté et la faim dans les mois qui viennent.

Le pire reste à venir

Très souvent, la hausse des prix intervient comme un facteur aggravant qui vient s’ajouter à de nombreuses autres causes de la malnutrition. Les populations les plus pauvres sont frappées de plein fouet par le moindre bouleversement, tant elles survivent au jour le jour. En effet, ces populations font souvent face à des conditions d’accès à l’eau, à l’hygiène et aux soins absolument désastreuses. La part des revenus consacrée à l’alimentation varie de 60 à 80% selon les zones dans lesquelles intervient ACF (environ 13% du budget des ménages français).

Le cas du Libéria : quand la hausse des prix vient précipiter des quartiers entiers dans la malnutrition

Monrovia, mai 2008 : Dans le centre de traitement de la malnutrition d’ACF à Monrovia, Joséphine – maman d’un enfant traité pour malnutrition- témoigne :

« La vie est plus dure aujourd’hui qu’il y a 2 ans à cause de la hausse des prix ».

Et cette mère de 7 enfants sait de quoi elle parle : à 35 ans, elle a traversé toute la période des conflits au Liberia de 1989 à 2003 et a dû fuir la capitale Monrovia en laissant tout derrière elle. Quand elle est revenue à la fin de la guerre, pour recommencer sa vie, elle a commencé par travailler pour un de ses amis qui avait monté un petit restaurant :

« je l’aidais à préparer la cuisine et je pouvais ainsi récupérer de la nourriture pour mes enfants et moi. C’est comme ça que j’ai recommencé ma vie. Pourtant aujourd’hui, alors que c’est la paix, je souffre plus : quand j’achète du lait pour le bébé, ça veut dire que je n’aurais pas assez d’argent pour les autres aliments pour le reste de la famille. Chaque semaine, le prix du lait infantile augmente.»

Le prix d’une dose de lait infantile a doublé sur le marché, celui du riz a augmenté de 50% en 6 mois, alors que le prix de l’huile, du sucre et du sel ont également été multipliés par deux. Depuis le début de l’année 2008, les taux de malnutrition dans les quartiers les plus pauvres de la capitale libérienne étaient déjà très alarmants : plus de 17% des enfants de moins de 5 ans dans les townships de Monrovia souffraient de malnutrition aiguë.

25 Septembre :
Assemblée Générale des Nations Unies

7 octobre :
World Policy Conference d’Evian

8 octobre :
Colloque ACF « En finir avec la malnutrition : une question de priorités ? »

9 octobre :
World Forum de Lille

15 octobre :
Evènement "Stop à l’immobilisme ! "

16 octobre :
Journée mondiale de l'Alimentation